Au rendez-vous de l’amour : Invités et obligés…

Le poids des pois dans nos chaussures...Quand Dieu s’invite dans les relations mutuelles que nous entretenons vaille que vaille, alors sa voix nous rejoint dans les nuances des exhortations de ce vingt-troisième dimanche du temps ordinaire :

Tel un Père, au-delà de la figure d’Ézékiel, Dieu nous invite et nous engage comme fils et filles, à être prophètes, porteurs de sa voix : « si tu avertis le méchant d’abandonner sa conduite, et qu’il ne s’en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie. » C’est seulement dans la grâce filiale, et certainement dans la grâce de l’humilité que Dieu nous investit comme guetteurs ou missionnaires auprès de nos frères et sœurs. Rien ne garantit que notre mission aboutisse nécessairement à la conversion de l’autre. Toutefois, remplir son devoir, selon la parole de Dieu à Ézéchiel, c’est sauver sa vie.

L’évangile du jour nous montre bien que nous pouvons avoir à nous reprendre plus d’une fois pour soustraire un frère ou une sœur du compte d’un péché dont nous avons connaissance. Ici, la démarche est nécessairement graduelle, comme pour dire qu’on pourrait se disqualifier à fouler aux pieds, le préalable du chemin évangélique.

Jésus recommande la délicatesse avec le pécheur. Il faut essayer de le reprendre par un entretien « cœur à cœur », loin de l’opinion publique pouvant être source de frustration ou d’humiliation. Une vraie remontrance fraternelle en tête-à-tête atteste d’une véritable amitié.

Si cette première délicatesse n’aboutit pas à la consolation de ramener son prochain à Dieu, alors on peut envisager une autre étape, le recours à une ou deux personnes. Loin d’être des témoins à charge, d’autres personnes mues par la charité et la quête du bien, ces volontaires peuvent aider par un poids plus considérable le coupable à se raviser.

Enfin, au péril d’être vu comme un paien, si la traduction du coupable devant la communauté de l’Église n’aboutissait à rien, tout comme dans le cadre de la délicatesse des démarches précédentes, on peut alors s’en remettre au pouvoir de lier ou de délier de l’Église…

Jour après jour, dimanche après dimanche, l’Église nous invite et nous convoque à la table de l’amour. Aujourd’hui, Jésus nous enseigne deux grandes vérités :
– La prière de deux ou trois peut tout obtenir : C’est l’efficacité de la prière des cœurs unis dans un même élan de charité
– La communion de deux ou trois porte la présence du Christ : Présence spirituelle, vivante, active, affranchie du temps et de l’espace.

Au rendez-vous de l’amour, une seule dette est à revendiquer, « l’amour mutuel ». Selon l’apôtre Paul, nous avons donc l’invitation et l’obligation de vivre l’amour mutuel parce que « l’amour ne fait rien de mal au prochain. Le plein accomplissement de la loi, c’est l’amour. »

Ab Patrice S.

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