Croix et mission, aujourd'hui…

Croix et mission, aujourd’hui…

Ce dimanche est particulièrement celui qui consacre la journée d’institution missionnaire par Jésus. La mission, c’est d’abord l’initiative du Christ. C’est ensuite, Jésus qui choisit, il désigne et il envoie là où lui-même doit se rendre. C’est enfin Jésus qui livre le contenu de la mission en ses exigences et ses implications. Voyons en quelques unes…
– La mission est déclinée sous une image bien effrayante : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. » Concrètement, cette image n’est ni raisonnable ni responsable. La place des agneaux ne peut être au milieu des loups parce que l’adage nous enseigne que ce qui s’assemble se ressemble. Quelle folie alors de risquer la présence des agneaux au milieu des loups !
– Encore plus surprenant, Jésus précise ses consignes de mission par l’interdiction de ce qui humainement pourrait assurer le confort et garantir vraisemblablement le succès de la mission : « N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales… »
– Enfin, nous découvrons dans le contenu de la mission selon le Christ, toute la place de l’annonce du Règne de Dieu, en joignant l’acte à la parole : « Guérissez et dites : « Le Règne de Dieu est tout proche de vous.»

Frères et sœurs, si la lumière de la parole de Dieu conduit nécessairement au vrai bonheur, Jésus ne veut pas nous conduire à un quelconque bonheur : N’a-t-il pas été, lui-même, envoyé comme « un agneau » au milieu siens ? N’était-ce pas déjà, la folie de l’amour de Dieu pour nous ? Le scandale de la croix ! La folie de la mort de Dieu ! Et pourtant, « la folie de Dieu » se veut « plus sage que la sagesse des hommes et la faiblesse de Dieu, plus forte que la force des Hommes. » 1 Cor 1, 25.

De quelle arme disposait le Fils de Dieu livré aux mains des hommes ? Rien, si ce n’est le devoir de l’annonce du Règne de Dieu, en son urgence et son exigence. Et pourtant, bien que mort sur la croix, Jésus a pour nous, vaincu le monde : « Par la croix, le monde est à jamais crucifié.» Ici, se présente à nous le défi de la foi ! Nous sommes appelés à porter le trophée du triomphe sur la mort, le trophée de la résurrection, le trophée missionnaire du Christ.

Du succès ou de l’échec de la mission, il n’y a donc pas pour les missionnaires du Christ, de quoi se réjouir ou de s’abimer dans la déception des résultats du moment. Que ce soit dans le vent de la célébrité, de l’aura, ou dans les tempêtes des revers, de critiques ou que sais-je ? Le vrai succès, le vrai bonheur missionnaire se trouve en Jésus lui-même : Le Seigneur des missions, le vainqueur par la croix des loups et autres richesses et divinités de notre monde.

Permettez-moi alors de nous interroger, à la suite de l’apôtre Paul, fils et fille de l’Eglise d’aujourd’hui : Quelle place occupe la croix de notre Seigneur Jésus-Christ dans notre vie ?
Missionnaire moi-même au Québec depuis plus d’un an, il m’est difficile de passer sous silence cette belle affirmation de l’apôtre Paul : « Pour moi, la croix de notre Seigneur Jésus-Christ reste ma seule fierté. »
Loin de moi, l’intention de m’aventurer sur des considérations de l’actualité sociopolitique de l’heure au sujet de la croix, au Québec.
Je voudrais simplement nous rappeler ceci :
Notre accueil ou naissance dans l’église se fait par le signe de la croix que les parrains et marraines appliquent à l’enfant ou au filleul, à la suite du célébrant.
A l’entame de nos célébrations liturgiques ou de tout autre exercice de piété, le signe de croix vient nous rappeler notre identité et le creuset de notre foi : Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.
Enfin, au soir de notre vie, c’est encore et toujours la croix que l’église réserve pour nous marquer de son affection, nous accompagner de ses prières dans les rites de l’encens et de l’eau bénite, afin de nous faire entrer dans la Paix du Seigneur.
Vraiment, que la croix de notre Seigneur Jésus soit notre unique fierté

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