Manifestations, creuset de foi...

Manifestations, creuset de foi…

Si à l’épiphanie, des mages se laissaient guider par une étoile et par la parole de Dieu scrutée par tous les grands prêtres et les scribes du peuple, convoqués par Hérode : « Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Mt 2,6
Si à l’épiphanie, il a fallu déjouer la menace de la vie par un autre chemin inspiré dans le cœur humain « avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, les mages regagnèrent leur pays par un autre chemin. » Mt 2,12
Si à l’épiphanie, les mages apportaient des présents pour souligner que le divin enfant se manifestait à notre humanité : l’or pour la royauté, le règne éternel, la myrrhe pour la passion et la mort du vendredi saint, et l’encens, pour le triomphe pascal de la divinité.
Si l’épiphanie ne peut s’expliquer et mieux se comprendre qu’à la lumière de l’événement pascal que nous célébrons aujourd’hui, alors nous comprenons pourquoi le ressuscité multiplie ses manifestations : « C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples. »
C’est bien dans l’environnement des successives manifestations du Christ glorieux que la foi des disciples prend progressivement naissance. Des signes, des faits, des gestes et des paroles viennent briser ou fissurer l’opaque nuage qui empêchait de reconnaître le Vivant. Pour reconcilier les disciples et celui qui multiplie ses manifestations après sa résurrection, nous notons ceci :
L’absence au tombeau, « il vit et il crut », Signe signifiant !
« Notre cœur n’était-il pas brûlant… Leurs yeux s’ouvrirent et il disparut » Paroles et gestes de feu !
« Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Quand l’invisible s’offre à voir, quand l’indicible s’offre à entendre et quand l’éternité investit le temps, quelle autre béatitude pourrait être aussi sublime pour l’humain ?
Des manifestations du ressuscité coulent en abondance les appels à la foi et à l’espérance. Malgré la nuit d’échec professionnel, des pêcheurs pros, hommes bien simples ou ordinaires font le chemin bouleversant de la foi : « Ils savaient que c’était le Seigneur. »
Pour clore ma méditation, je peux vous dire que je suis resté longtemps comme sur un arrêt image, à l’épisode : « Pierre se jeta à l’eau ».
Quand j’accepte de faire le saut de la foi, ne suis-je pas dans le même plongeons que Pierre ?
Quand je professe ma foi au ressuscité, ne suis-je pas dans le bain de l’océan de l’amour de Dieu ?
Quand je dis aimer Dieu, je ne peux que m’enraciner dans l’amour de celui qui attend que je repose en lui.

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