Pour soi ou pour Dieu

Pour soi ou pour Dieu ?

Frères et sœurs, le couple être et avoir est constitutif de notre vie.
Notre être, de la conception à la fin de la vie, dessine la courbe de notre existence avec des fortunes diverses.
Notre avoir, fruit de notre travail ou héritage naturel, culturel, économique, politique est une fortune plus ou moins grande pour accommoder notre vie.
En ce XVIII ème dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique C, comment Jésus, est-il invité à se prononcer sur cette question du couple de l’être et de l’avoir ?
Selon l’homme du peuple ou celui qui parle au peuple, l’ecclésiaste ou Qohéleth, il est absurde que les biens que nous pouvons acquérir par le travail, les sacrifices ou le zèle, puissent revenir, à notre mort, à un paresseux qui ne s’est donné aucune peine. La sentence de Qohéleth qui se décline ainsi : « Vanité des vanités, tout est vanité » est dénuée de toute dimension verticale. Sans Dieu, en effet, que d’absurdités émaillent nos pauvres vies humaines.
C’est ainsi que Jésus est interpellé aujourd’hui, par un anonyme de la foule des gens qui le suivaient et l’écoutaient : ” Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage.”

Jésus, en bon pédagogue, nous invite à sortir de la confusion de l’ecclésiaste : ” Un homme s’est donné de la peine; il est avisé, il s’y connaissait, il a réussi. Et voilà qu’il doit laisser son bien à quelqu’un qui ne s’est donné aucune peine. »

D’abord, Jésus fait une mise en garde : « Gardez-vous bien de tout avidité », cet insatiable désir de posséder. On en veut et toujours plus, même dans l’ivresse de la possession : « Je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens… »
Ensuite, Jésus nous laisse entendre la sentence qui restitue la nécessaire dimension verticale de toute vie humaine : « La vie ne dépend pas de ce qu’on possède ».
Enfin, Jésus raconte une parabole pour bien mettre en évidence l’absurdité de l’avoir sans la perspective de Dieu. En présence de Dieu, ce qui compte, ce n’est pas la quantité de l’avoir mais bien la qualité de l’être. Voici pourquoi, celui ou celle qui ne veut que posséder, travaille pour soi au mépris quelquefois de tout, lui-même y compris. Et pourtant, aucun salon funéraire ne peut offrir le service de l’accompagnement des biens.
Vraiment, celui ou celle qui veut être riche en vue de Dieu n’identifie pas la signification de son être avec l’augmentation ou la baisse de ses moyens. Celui ou celle qui veut être riche en vue de Dieu renonce au poison du « soi » car Dieu seul est trésor. « Où est ton trésor, là est ton cœur. »

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